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Année scolaire 2015-2016 : quel coût ? Quelle aide ?

L’éclairage des budgets types de l’UNAF

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Près de 12 millions d’enfants font ce mardi leur rentrée (dont 86% en école publique). Pour les presque 7 millions de familles concernées, une année scolaire représente des coûts incompressibles.

- Le cout d’année scolaire type représente au moins 11 à 33 jours du montant d’un salaire médian, selon la structure familiale

L’UNAF, dans ses "budgets types" (qui définissent un "minimum décent" pour plusieurs structures familiales), calcule un poste "éducation" depuis 2012. Il prend en compte : la papeterie, les livres scolaires, l’assurance scolaire, les sorties scolaires , et les voyages scolaires.

L’UNAF s’appuie en partie sur les baromètres annuels de deux mouvements familiaux : la Confédération syndicale des familles et Familles de France (qui les publient depuis respectivement 42 et 32 ans) et sur des préconisations propres à l’UNAF (par exemple : deux sorties scolaires par an, un voyage scolaire tous les 4 ans), et des dispositions réglementaires.

Sur l’ensemble de l’année scolaire 2014-2015 (aout 2014-juillet 2015), le budget type "éducation" annuel va de 610€ (pour une famille avec juste un adolescent) à 1907€ (pour une famille de 2 enfants et 2 adolescents), soit respectivement 11 et 33 jours du salaire médian (1730 euros par an selon l’INSEE, - chiffres 2012 publiés fin 2014)..

- Des coûts variables selon les lieux et les situations

Bien entendu, ce budget n’est pas exhaustif : certaines dépenses d’habillement liées à la scolarité, ou d’informatique, sont inclus dans d’autres postes des budgets types.

L’alimentation en temps scolaire est comptabilisée comme si les enfants prenaient leur repas à domicile, en raison de la grande diversité des pratiques tarifaires de cantines des collectivités. Elle représente de l’ordre de 522€ par an et par enfant.

Ajoutons que les coûts peuvent dépendre de la situation des parents : dans certains cas, trop fréquents, la cantine, ou même certaines activités pédagogiques, sont réservées aux enfants dont les deux parents travaillent, avec, par exemple, le risque d’aggraver la situation de familles touchées par le chômage.

La réforme des rythmes scolaires rend encore plus complexe le calcul du coût monétaire de l’année scolaire : les nouvelles activités pédagogiques ne sont pas toujours gratuites, ou n’offrent pas forcément un nombre de places suffisantes.

- L’inconnue des coûts en temps

Les rythmes de l’école ne recoupent que partiellement les rythmes professionnels. Ceci est d’autant plus vrai pour les parents travaillant en horaires décalés, atypiques ou imprévisibles. S’organiser pour l’année scolaire est un des principaux défis de la conciliation vie familiale et professionnelle.

La réforme des rythmes scolaires a certainement renchéri ce "coût d’organisation" : des millions de parents sont depuis deux ans confrontés à des emplois du temps très divers d’une ville à l’autre, parfois d’une école à l’autre. Ce qui rend d’autant plus complexe de négocier avec leur employeur un changement d’horaires de travail, par exemple.

Le coût et la qualité des activités proposées peuvent mener à des arbitrages défavorables à l’activité professionnelle. Par exemple, lorsqu’une heure de garderie / aide aux devoirs est facturée trois euros par enfant, un parent de 3 enfants, payé au SMIC préférera peut-être travailler une heure de moins et superviser lui-même les devoirs.

L’allocation de rentrée scolaire concerne moins d’un enfant sur deux... et seulement un sur trois d’ici 10 ans.

Pour plus d’une famille sur deux, tous ces coût reposent intégralement sur le budget de la famille. L’allocation de rentrée scolaire (ARS : 363 à 396 euros par enfant selon son âge en 2015) concerne seulement 45 à 48% des enfants de 6 à 17 ans, du fait de conditions de ressources très strictes.

Cette couverture se réduit mécaniquement d’année en année car les plafonds évoluent avec les prix, qui augmentent moins vite que les revenus.

Le HCF estime que d’ici moins de 10 ans, seuls 35% des enfants (soit environ un sur trois) seront concernés par l’ARS : les parents de 850 000 familles modestes et moyennes verront s’accroître le coût de l’éducation.

Pour que l’école reste l’alliée principale des parents dans leur mission de premiers éducateurs, il est vital que le coût de l’éducation ne nuise à aucun enfant, et que les contraintes que la vie scolaire exerce sur les familles soient clairement prises en compte par les politiques publiques, nationales et territoriales.

Article publié sur le site de l’UNAF en date du 31 août 2015

Dernire mise jour le 1er septembre 2015

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